Politise tes inquiétudes, tu inquiéteras les politiciens !

L’année dernière, un local vide est récupéré par quelques jeunes de Beausoleil, cité délabrée de Montauban, et délaissée volontairement par ses élus. Ils créent un lieu associatif rassemblant les familles, gagnant leur confiance autour de repas, de cours de sports, de projections et de débats, et d’un potager où les citoyens viennent se servir librement. Un lieu de vraie « cohésion sociale », autonome et autogéré !

Mais trop. Pendant une année, la mairie s’efforcera de récupérer l’initiative à son compte, de la concurrencer, et enfin, l’été dernier, de la fermer en soudant la porte. C’est plus simple ! Pour garder la forme, elle ajoute un arrêté contre le rassemblement de plus de trois mineurs, alors que tout se déroulait sans problèmes. Nous rapportons cette information relayée par le Plan B avec plus de détails.


Le numéro 20 du Plan B d’octobre-novembre, revue bimestriel de « critique des médias et d’enquêtes sociales », titre « Ma 6-Té va s’autoG-rer » et rapporte le récit d’une « expérience alternative dans un quartier délabré ». Un local vide est récupéré et devient un lieu de « cohésion sociale » rassemblant les familles autour de repas, de projections et de débats.

Le quartier Beausoleil de Montauban est une cité dans laquelle vivent « environ six cents personnes d’horizons divers », dénigrées par la mairie et les élus depuis longtemps. En novembre 2008, trois citoyens « aidés par quelques amis, investissent un ancien local municipal abandonné au cœur de la cité ». « Marre de cette misère sociale, culturelle et politique, marre qu’on décide pour nous. Alors on a décidé de s’organiser entre nous » déclarent-ils au Plan B.
« Leur inspiration, ils la tirent d’abord de leur histoire de leur cité », d’autres jeunes avaient obtenu des subventions de la mairie après avoir « tenté une expérience similaire ». « La différence, explique Yacine, c’est que nous, la mairie, on n’en a rien à battre. Ils nous ont laissés tomber depuis longtemps et on ne veut rien avoir à faire avec eux. » L’organisation est autogérée et totalement autonome, « les décisions sont prises en réunion. Pas de chef, pas d’organisateur. Celui qui propose quelque chose le fait. ». Elle prend vie rapidement, et gagne la confiance des familles, rassemblant de plus en plus de monde autour de repas, de cours de sport, de projections et de débats. Par la suite, un potager est créé avec succès : « on est à trois à retourner la terre et à planter des salades », et les gens viennent se servir librement.

La mairie UMP de Montauban essaie de récupérer à son compte l’organisation, se prenant « subitement de passion pour Beausoleil. » Mais le nouvel intérêt porté au quartier n’est qu’une recherche d’autres intérêts, politiciens : étouffer ce mouvement, en prendre les commandes, redorer l’aspect social de la mairie. « Le théorème se vérifie dans (presque) chaque commune de France : une initiative locale n’est tolérable par la mairie que si celle-ci en prend le contrôle ou en tire les bénéfices ». La mairie essaie de fermer le lieu en envoyant deux employés municipaux. Ensuite, « six employés, dont un sous-fifre du maire, poussent la porte du local. Ils serrent des louches, demandent des numéros de téléphone, promettent des petits boulots. Ceux qui laissent leurs coordonnées échoueront aux tests d’embauche ». C’est enfin la police municipale et un huissier qui sont envoyés sans plus de succès pour les autorités. Tout à coup, après son désintéressement assumé vis-à-vis de ce quartier, la mairie crée un centre social, tout de même gardé par une caméra de surveillance et un vigile, « à une centaine de mètres du local ». Philippe Maurin, adjoint à la culture et élu du quartier, s’enorgueillit, et déplore la persistance de l’initiative originelle n’ayant pas voulu rejoindre le centre social officiel qui, selon lui, « fédère l’ensemble du quartier ».
En septembre dernier, les citoyens revenant de vacances constatent qu’« un couvre-feu municipal a été instauré qui interdit les regroupements de plus de trois mineurs », et que « la mairie a profité du mois d’août pour fermer le local » en soudant sa porte. Abdelkader précise cependant : « ceux d’entre nous qui ont goûté à cette manière de fonctionner en redemandent. Ca a réveillé nos consciences. Du coup, entre nous, on se met à parler de politique et à se dire qu’aux prochaines municipales on pourrait jouer les trouble-fêtes… ».

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