Souviens-toi que tu vas mourir

Exercice périlleux qu’est l’exposition thématique, qui dans bien des cas aboutit à des problématiques hasardeuses et des propositions « fourre-tout ».

L’exposition au MAM regroupe les oeuvres de douze artistes dont Joan Mitchell, Martin Kippenberger, Willem de Kooning et James Lee Byars, autour d’un thème : la mort imminente, leur mort imminente.

Le parcours nous fait découvrir à travers chaque salle l’oeuvre tardive d’un de ces artistes, ou plutôt nous montre à voir les oeuvres produites par un artiste qui sait qu’il va bientôt mourir. Beaucoup de ces artistes sont morts jeunes, fauchés par le sida, comme Robert Mapplethorpe, Felix Gonzales-Torres ou l’artiste israëlien Absalon. D’autres, on vécu plus longtemps avec un mal incurable comme Chen Zhen.

On découvre alors que chacun interprète ou intègre cette mort annoncée de manière très différente. On ressent l’urgence de peindre dans les dernières toiles de Hans Hartung, qui à la fin, produit plusieurs toiles par jour grâce à un procédé de projection de peinture sur la toile. Pour d’autres, c’est l’importance de la place du corps qui ressurgit dans les derniers instants, comme Martin Kippenberger qui reprend le tableau « Le Radeau de la Méduse » de Géricault dans lequel il se met en scène; ou bien la vidéo dans laquelle on voit l’artiste Absalon s’agiter violemment jusqu’à l’épuisement. Hannah Villiger elle, choisit la photographie en grand format pour archiver la dégénérescence de son corps malade.

Mais à mes yeux, l’oeuvre la plus forte est la pièce  de l’artiste James Lee Byars « The Death of James Lee Byars », large chambre funéraire recouverte à la feuille d’or où, lors d’une performance dans une galerie en 1994, l’artiste se sachant malade, s’était allongé dans la salle, avant que sont corps ne soit remplacé par des diamants artificiels. S’inspirant des rites funéraires égyptiens, l’artiste anticipe sa mort prochaine en la mettant en scène dans un décorum grandiose et spectaculaire.

La force de cette exposition réside dans la volonté d’exposer un ensemble d’oeuvres diverses sans forcer un dialogue inutile entre chaque artiste;  il s’agit plutôt de mettre en lumière le caractère personnel de chaque démarche face à une fin identique.

Exposition Deadline au musée d’art moderne de la ville de Paris jusqu’au 10 janvier 2010

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