Autocritique journalistique : trop rare, très tard, mais toujours d’actualités

La Télélibre rencontre Philippe Merlant et Luc Chatel, par l’intermédiaire du magazine vivant Mardi ça fait désordre. Ces deux journalistes s’interrogent, dans Médias, la faillite d’un contre pouvoir, sur l’état et les mécanismes de leur propre champ professionnel. Leur constat « lucide » entre en résonance directe avec les analyses développées depuis plus de dix ans par la sociologie. On se rappellera notamment de Pierre Bourdieu, qui dans Sur la télévision (voir la vidéo et des extraits), met en lumière la « circulation circulaire de l’information ». Ce terme s’exprime ainsi dans la bouche de Philippe Merlant : « on passe beaucoup de temps dans les rédactions […] on passe moins de temps sur le terrain, […] on passe beaucoup de temps à se copier, [il se corrige] à se surveiller, et du coup à se copier… »

On peut tout de même regretter, pour le journalisme et les citoyens, que de tels sursauts de la part des professionnels soient si rares et tardifs. Les deux confrères ont au moins le courage d’énoncer et de dénoncer, au public, les principes et les défaillances de leur système, puisque « c’est vraiment de l’intérieur que naît cette tendance à un truc extrêmement uniformisé, conformiste… ».

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