23-F : des nostalgiques du franquisme tentent un coup d’Etat en Espagne

Il y a 29 ans, le 23 février 1981, Antonio Tejero entre dans l’hémicycle du Congrès espagnol, à la tête de gardes civils, prenant en otage les députés alors en train d’exécuter leur second vote pour l’investiture du Président du Gouvernement : Calvo Sotelo. Quatre députés, choisis pour leurs places stratégiques et surtout leurs idées politiques, sont mis à l’écart : Adolfo Suárez (président du gouvernement encore en fonctions), Felipe González (leader de l’opposition socialiste), son adjoint Alfonso Guerra, et Santiago Carrillo (leader du Parti Communiste Espagnol). Le député de 70 ans qui s’interpose au tout début de l’intrusion des gardes civils est le général Manuel Gutiérrez Mellado, Vice-Président du Gouvernement chargé des Affaires de Sécurité et de Défense nationale. Par la suite, à Valence, Jaime Milans del Bosch, allié au coup d’Etat, fait sortir les chars en ville et déclare l’état d’exception.

Torres Rojas tente de supplanter le général Juste à la Division Acorazada Brunete, mais échoue. Dans la nuit, le roi Juan Carlos Ier maintient son refus de se rallier aux putschistes, et commence les négociations avec les nostalgiques du franquisme. Alfonso Armada est la figure la plus ambigüe du moment, puisque, putschiste lui-même, il souhaitait secrètement, à l’instar de Charles de Gaulle, « former un gouvernement dont feraient partie des socialistes et des communistes », et dont, accessoirement, il aurait été à la tête. Proposant cela à Tejero, alors au Congrès en train de jubiler à l’idée d’un renouveau idéologique fidèle au béret et aux moustaches de Franco, Armada et ses attentions envers la gauche espagnole sont violemment remerciées.

A une heure du matin au 24 février 1981, et malgré la résistance de Tejero jusqu’à midi, le coup d’Etat est considéré comme avorté. Dans une intervention télévisée, Juan Carlos Ier se présente en uniforme de capitaine général des armées, défend la Constitution et destitue Jaime Milan del Bosch, encore à Valence.

LA POSITION AMBIGÜE DES ETATS-UNIS

Il est intéressant de constater que les Etats-Unis n’ont pas condamné expressément, sinon après l’échec, le coup d’Etat au nom de la démocratie ou de la liberté, contrairement aux pays européens. Tejero, lors du procès, expliqua que « aussi bien le gouvernement des Etats-unis que le Vatican avaient été sondés par le général Armada ». « La réception de futurs putschistes espagnols à Washington » une année auparavant, « l’accroissement des mouvements militaires nord-américains dans le détroit de Gibraltar » quelques jours avant le 23-F, « l’état d’alerte décrété sur la base aérienne de Torrejón de Ardoz depuis le dimanche qui précédait le coup d’État », sont autant de petits signes qui font, à juste titre, douter de la position américaine, et présumer un assentiment envers les putschistes.

A l’image de la Turquie en 1980, il apparaît probable que l’anéantissement du système démocratique espagnol, encore fébrile et jeune à l’époque, et son remplacement par un régime militaire, aurait permis aux Etats-Unis de retrouver un contrôle sur la zone méditerranéenne et  un poids au Moyen-Orient. Un poids perdu avec la chute du Shah d’Iran, et l’invasion soviétique de l’Afghanistan (contre laquelle les Etats-Unis ont financé et soutenu la guérilla islamique). De plus, l’Espagne entamait à l’époque des relations adoucies avec les Pays non-alignés, rencontrait Fidel Castro ou Yasser Arafat,  et tardait à signer son entrée au sein de l’OTAN.

NUNCA DEBEN PASAR !

Source et références : http://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat_du_23-F

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