La Laverie de Belleville

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T’as froid ? Grimpe à Belleville, dépasse Pyrénées d’un bon pas, et arrête toi un peu avant Jourdain. Une petite goutte de sueur devrait perler sur ton front, juste avant de pousser la lourde porte d’un ancien immeuble social aux briques laiteuses, architecture début XXe. Viens découvrir La Laverie de Belleville

C’est quoi ?

L’ancienne laverie collective de l’immeuble abrite aujourd’hui un grand appartement aux allures d’espace d’exposition : un grand cube blanc aux jolis volumes.

Ou alors, c’est plutôt l’inverse : c’est un espace d’exposition dans lequel vivent cinq personnes… Car dès le départ, Bastien et Sébastien ont « cherché un appartement dans l’objectif d’organiser des événements : concerts, expositions, performances ». Florencia, Carole, Aurore, puis Giulia se sont ensuite greffées au projet. Renversement original de l’usage d’un lieu : la première exposition se déroule en juin 2011 et accueille l’Association des jeunes photographes parisiens. Depuis, c’est à peu près une exposition tous les trois mois, et un concert lors du finissage.

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Exposition de Pablo Cavero

Comment ça marche ?

La Laverie de Belleville fonctionne à l’américaine : à cheval entre un apolitique do it yourself, un wait and see inconscient, et une attitude cool : « on se prend pas le chou ». C’est avant tout l’intuition et le plaisir qui génèrent l’action.

Si Sébastien pense qu’« à Paris il y a un manque de petit lieu pour les jeunes artistes qui voudraient présenter leur boulot », l’origine de La Laverie n’a « pas de positionnement théorique par rapport à un état de l’art contemporain ». La démarche est totalement détachée de l’environnement et de l’organisation du secteur : « c’est vraiment parce qu’on avait envie de faire ça, de manière assez gratuite ». Pas de volonté d’intervenir spécifiquement dans un champ ou un marché, pas de réflexion préalable aux initiatives, pas de but précis : « ça se fait sans se vouloir, en fait les jeunes sont là ». La Laverie « do », et on constate que leurs expositions, organisées au gré des rencontres entre amis, d’amis, d’amis, mettent en avant de jeunes artistes : « on prend des gens qui sont sortis il y a maximum 5 ans » des écoles d’arts. L’endroit laisse à penser que ça doit bien faire plaisir quand La Laverie vous prête ses murs !

La sélection des artistes se fait au ressenti : « je saurais difficilement définir mes goûts, il n’y a pas de ligne en terme de médium (…) c’est des choses assez variées ». Ils décident collégialement, entre colocataires, de la programmation à venir, mais ne veulent pas rester dans un seul univers constamment. La Laverie « essaie d’aller vers des types d’artistes et des problématiques différentes, ce qui n’est vraiment pas facile ». Seul bémol évoqué vis-à-vis de leur système : « tu peux vite exposer des gens qui font globalement tout le temps la même chose ». Le commissariat au travers d’un réseau trop exploité peut en effet s’avérer enfermant.

Pour éviter cela, le seul critère de sélection doit finalement être : se renouveler.

Et la suite ?

IMG_6598La Laverie de Belleville reste sur son format home made (hommage spécial à la loi Toubon), sans désir d’institutionnalisation. Ne pas se considérer et ne pas agir comme une galerie, est avant tout une volonté personnelle. Mais c’est aussi la garantie de la survie du lieu. Sébastien préfère que La Laverie garde une organisation informelle, rapide et amicale. Car l’institutionnel a un coût : « quand tu fais des dossiers pour faire une expo, faire venir des œuvres, il faut des frais d’assurance, des gens derrière, de la comptabilité (…) Je pense que c’est plus intéressant que l’appart’ reste à une échelle restreinte et qui ne grossisse pas (…) pour que ça puisse rester une sorte de laboratoire, où on n’ait pas à se prendre trop le chou par rapport à des clients, par rapport à un marché. Ce qui est le jour le jour de toutes les galeries qui n’existent pas indépendamment des gens qui viennent les voir. Nous, on existe indépendamment des visiteurs, et ça c’est bien ».
Sans visiteurs, les expositions auraient pourtant mauvaises mines, mais sans acheteurs, oui, La Laverie peut bien vivre. C’est bien l’éloignement des problématiques financières qui peuvent rendre ce genre d’activités pérennes et libres dans leurs choix. C’est enfin au public de juger, au cas par cas, de la qualité et de la pertinence des expositions.

L’actualité de La Laverie de Belleville

Le 7 Décembre 2012: Lancement de l’exposition et du livre Scénario 21.12
Le 15 Décembre 2012: Conférences « Projection géologique » & « La Fin du Monde ou la concrétisation des utopies urbaines » d’Eugénie Denarnaud et Marine Vever.
Le 21 Décembre 2012: Soirée Fin du Monde, retransmission en direct depuis le village de Bugarach, accompagnée du live – Hommage à la fin des temps – de Polar Inertia et Heartbeat.

Contacter La Laverie de Belleville : laveriedebelleville@gmail.com

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Exposition de Pablo Cavero

 

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